Elle devient de plus en plus oppressante. Je le sens parfois. C'est une libération. Elle n'est plus là, envolée, disparue. Mais je le sais, elle reviendra toujours plus forte. Mon poison. Elle coule dans mes veines. Jusqu'au c½ur, jusqu'à l'âme. Je suis sa prisonnière, esclave de son despotisme. Ce jeu de cartes qui ne me quitte jamais. Lui sait apaiser ses pics de violence. Je tremble. Je le regarde. Je me regarde. Spectatrice de moi-même. Les cartes tombent l'une après l'autre. Je les ramasse. Recommence, encore une fois. Encore une. Je ne veux pas que ça s'arrête. Toujours plus vite. Toujours plus fort. Je crie ce nom, interminablement. Les larmes coulent. Mais je n'ai plus peur... Je suis calme à nouveau. Mais elle reviendra dans ma nuit quand je serais seule face à la réalité de ma vie. Elle reviendra me torturer. Je le sais. Je ne peux rêver que durant la journée. La nuit n'est que cauchemar et solitude. Peur insoutenable et abandon. Je ne serais plus qu'un pantin pour elle. Un jouet. Une ombre qu'elle enlace, qu'elle menace. Jusqu'aux premières lueurs du jour. Une journée que je passerais à calmer ses déboires amoureux. Crier, frapper, tout jeter et ranger. Au millimètre près. Recommencer jusqu'à la perfection. Inutile mais inévitable. Je le sais, je construis ma prison avec elle. Je le sais, cette Angoisse est possessive, jalouse, despotique...
[ Et l''Angoisse atroce, despotique
Plante sur mon crâne incliné son drapeau noir. ]
(Baudelaire ~ Spleen 4)
Une petite étoile...